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Le papier du mois
par Catherine Tullat

Au fil de l'humeur

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- Le Billet des Auteurs de Théâtre -
Revue mensuelle des écritures théâtrales

Mercredi 26 juillet 2017

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De nos envoyés très spéciaux

- Le papier -

Catherine Tullat

Catherine Tullat est auteur de théâtre


Au fil de l'humeur

L’été fut polaire, mais l’indignation m’a donné des suées. La récession « made » Fillon , le krak qui a refait surface, les sans papiers « coté quota » attachés en classe éco au milieu des touristes prenant leur quartier d’été, tandis que des canots, proches de l’asphyxie, échouaient sur les plages d’Italie, les révolutionnaires « nouvelles générations » de Tunisie, de Syrie, de Libye… Refoulés de gare en gare avec comme seul refuge, le square de la porte d’Aubervilliers sans eau ni électricité, en sursis d’expulsion. La France, ou ce qu’il en reste, a assurément oublié le sens de : Liberté, Égalité Fraternité. Travesti de la soumission, « Picsouisé » par les pétrodollars, nos « politichiens » prostitués pour des contrats off shore, ont perdu la voie de la décence.

Dans les nuits froides de l’oubli, des lois passent en catamini. Londres s’embrase, les indignés avancent. L’hiver sera chaud, l’effet de serre s’en portera mieux.

Produire du sens est devenu un non-sens. La corne d’Afrique crie famine. Où se cachent les chanteurs et musiciens qui, pour alléger leur conscience, produisent des disques contre la faim. Les vacances sont sacrées, on verra à la rentrée !

Les médias se gargarisent de spectaculaire avec du DSK à tous les repas. La puissance fait vendre, la sur-émotion lasse. L’image se programme en boucle par ordre de puissance ou d’impuissance et l’humain dans tout ça ? volatilisé dans les décombres d’une morale banalisée.

Et pour finir en beauté, à la fin de l’été 16 patrons français ont décidé de « copyrighté » leur collèges américains. Ils lancent un appel. Le nouvel observateur titre : taxez nous ! Ces messieurs, ces manias de la finance, pensent-ils sincèrement qu’ils peuvent nous faire gober leur grandeur d’âme ? qu’on va applaudir leur démagogie, sacraliser leur ridicule ? Croient-ils réellement qu’ils vont réussir à nous arracher une larme et nous mettre à genoux pour les remercier de leur « générosité » ? De qui se moque t-on ? De nous sans aucun doute.

Leur directeur de Com est mal informé car non sans un cynisme dévoilé, ces 16 patrons trouvent normal de ne pas être assez taxés alors qu’ils trouvent normal que leur entreprise ne le soit pas ou si peu.
Messieurs, votre pétition quelques mois avant les élections présidentielles fait doucement rigoler. Vous, les « messies » dévoyés arrêtez de nous prendre pour des cons ! Rapatriez votre argent ! Faites preuve de solidarité et taisez vous !
Et lorsqu’un avocat d’une grande banque privée face caméra menace, qui d’ailleurs ? que certains de ses clients, risquent de quitter la France s’ils sont trop taxés, qu’ils se cassent ou qu’ils s’indignent.
Que tous ces « virtuels men» arrêtent de s’engrosser. De quoi-ont-ils peur ? de manquer, mais la guerre est finie. Ca ne sert plus à rien de faire des provisions de sucre, ni même d’actions, elles ne valeront plus rien.
Ah, ca ira, ca ira ! non, ça n’ira plus. Messieurs, arrêtez de spéculer, partagez ! Arrêtez de menacer, distribuez !
Indignez vous au lieu d’affamer ! Prenez enfin conscience du monde dans lequel vous vivez.
Ecoeurement planétaire, l’hiver sera chaud. Préparez les ventilos. Fermez vos volets métalliques . Préparez vous à l’émeute de l’intolérance zéro.



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