Le jaguar de la nuit
Et puis la chevelure
De nuit de nuit encore
Autour de ton visage
Et la lumière sage
Qui crèche dans la rue
En pente de Mouffetard
Et à force d’être sage
On la dirait assombrie
Délavée, outragée
Une pauvre lumière
Qui lèche les pavés
Et moi je la voyais
Du pieu par la fenêtre
Ton corps étant de nuit
Brillait comme le nacre
La nuit était si noire
Dans la piaule et crânait
Partout dans le quartier
Autour du square Médard
L’église s’entassait
Respirait le silence
Un chat parmi les arbres
Et le même silence
Se dégageait des pores
De sa pierre en haillons
De sa pierre en lambeaux
SDF du temps
Et toi tu respirais
A peine, ton haleine
Le jaguar de la nuit
Venait et l’aspirait
Et nous avait bouffés
Tous les deux, nous étions
La blême survivance
De l’amour lorsqu’il passe
Et poursuit son chemin