Dimanche 18 novembre 2018 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

Exposition en
mai 2015

Nos champs de solitude

image

hautEn savoir plus
...

image
Nos partenaires

Par ici la sortie...

Haim à la lumière d'un violon

:::: Par Catherine Tullat | paru le 14/02/2012

tullat.jpg

Ecrit et mis en scène par Gérald Garutti
Avec Anouk Grinberg récitante
Naaman Sluchin violon Dana Ciocarlie piano
Alexis Kune accordéon Samuel Maquin clarinette
 
Haim en hébreux veut dire : la vie, mais c’est aussi le prénom de Haim Lipsky. 
Mémoire oubliée, non ! Elle se reconstruit au fil du spectacle dans un mélange de musiques et de mots. C’est le parcours d’un homme, qui a aujourd’hui 90 ans, qui prend corps sur scène. « Pendant toute sa vie, la langue de cœur aura été la musique.  A chaque instant, le chemin de Haim a baigné dans la lumière du violon, lueur fragile qui, seule, le sauva de l’extermination nazie »
 
Avant que la lumière de la salle ne s’éteigne, Haim Lipsky, présent ce soir-là, se lève. Un petit homme âgé se présente à nous, le visage illuminé, un sourire transperce son visage. Applaudissements dans la salle.
Nous ne connaissons pas encore son histoire, mais déjà une émotion est perceptible lorsque s’élève devant nous ce petit homme. Son corps, légèrement voûté et maigre, raconte déjà. Il est témoin, témoin encore vivant et ça c’est irremplaçable. Témoin qui se lève face à toutes les valses de Vienne, face à toutes les barbaries.
 
Anouk Grinbert, cheveux courts, pantalon en laine, gilet de satin noir, chemise blanche, est debout, droite, éclatante. Elle est la récitante.
« De la Pologne à la terre promise, de la destruction du yiddishland à la fondation d’Israël, grâce à un miracle  d’une survie à la Shoah ».
Anouk Grinbert, enveloppée par une musique klezmer, raconte la vie du petit Haim. Né dans un quartier de Lodz, il découvre la musique à 8 ans et sa passion pour le violon. Rien à voir avec « un violon sur le toit » non ! Nous sommes là dans l’anti-cliché. Il apprend la musique avec les musiciens du quartier, le clarinettiste, l’accordéoniste. Musique klezmer !
Un jour, à travers la fenêtre d’un immeuble, il entend un pianiste. Il  interprète des œuvres classiques. Il ose. Il frappe. Il s’invite avec son violon chez cet homme pour qu’il lui donne des cours de solfège. Il découvre, entre autres, des œuvres de Mendelssohn, il l’interprétera plus tard.
1939. La famille et tous les habitants du quartier se retrouvent jetés dans le ghetto de Lodz. Les musiciens de son ancien  quartier sont pratiquement tous là, la plupart sont juifs. Ils jouent pour oublier la faim.
En 42, trop épuisé et croyant que les camps de travail peut le sauver, il se livre aux nazis. Il part dans un train à bestiaux. Direction : Auschwitz. Le violon le sauve encore une fois de la mort. A sa sortie du camp, il ne touchera plus un violon, ne parlera plus le polonais. Il n’aura plus que deux langues, le yiddish et le silence. Il s’installe en Israël, aujourd’hui il parle l’hébreu. Il n’aura de cesse de transmettre à ses enfants, à ses petits-enfants, la passion de la musique. Aujourd’hui, ils sont tous musiciens et internationalement reconnus. Un, de ses petits-enfants, interprète son rôle dans le spectacle.
« Ce spectacle est à la fois littéraire, musicale, historique, d’une musique à l’autre, d’une époque à l’autre, mélodies klezmer et morceaux classiques scandent la vie de Haim »
Une réelle émotion traverse l’espace, transperce nos âmes, durant presque deux heures, avec sobriété, virtuosité, singularité. Une émotion qui nous embarque sur les routes de l’Histoire, de la mémoire, de la musique, de la vie.
Le violon est un personnage à part entière. Naaman Sluchin, le petit fils, fait corps avec son violon avec une grande virtuosité. Il est Haim Lipsky, il joue Haim Lipsky. Effet de miroir, il lui ressemble. Le violon habite le récit, il a maintenu Haim en vie.
Aujourd’hui à 90 ans Il a repris son violon, il joue deux à trois heures par jour. On aurait aimé le voir interpréter un morceau sur scène, mais le show must go on.
Haim, à la vie.
 
Du 29 janvier au 3 juin
Le samedi à 15h et le dimanche à 2OH30
Au Vingtième Théâtre

 

 

haut Réagissez à cette contribution...

hautHaut de page

 

Mentions légales

©Le Billet des Auteurs de Théâtre 2011

Le collectif

Contact

Revue réalisée avec le concours du
Centre national du Livre