Je m’étais risqué à rappeler le mot de José Valverde : - « Il faut que la parole du poète vivant redevienne le cœur vivant du théâtre. »
- « Un bon auteur, me répliqua un Ancien, est un auteur mort ! »
- « Mais, dis-je, les auteurs morts ont été vivants, et plus que les autres, c’est peut-être pourquoi ils demeurent si vivants. »
- « C’est vous qui parlez ? fit l’inconditionnel des classiques. Vous qui ne savez écrire que sur vos morts ! »
- « Il est vrai. Il n’y a que sur une scène désormais qu’ils peuvent vivre. Eux qu’on a étouffés, ils ne pourraient plus jamais respirer ? Je porte leur parole. Je suis leur souffle. Ils n’étaient pas auteurs, mais ils sont alors vivants. Et auteurs de mes jours, ils me font encore vivre. Ils me font dire, ils me soufflent les mots, ils me créent poète au cœur du théâtre. Donner la vie aux morts, c’est peut-être ça la magie du spectacle vivant. »
- « Et vous croyez, fit le contempteur ironique, qu’ils vous rendront vivant, vous mort ? »