Jeudi 22 juin 2017 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

Exposition en
mai 2015

Nos champs de solitude

image

hautEn savoir plus
...

image
Nos partenaires

Vos papiers !

Dreyfus et De Gaulle

:::: Par Adolphe Nysenholc | paru le 27/04/2015

nysenholc3.jpg

J’ai vu l’autre soir  l’Affaire Dreyfus de Georges Méliès, le magicien de l’écran, qui était aussi un homme engagé.

Et je me suis fait cette réflexion :

Sans Dreyfus, il n’y aurait peut-être pas eu de De Gaulle.

Dreyfus a été un officier exemplaire, d’une force morale extraordinaire, d’une endurance insigne à toute épreuve. Sa correspondance avec sa femme prouve à suffisance son courage exceptionnel, sa rectitude, la confiance qu’il porte à la justice de son pays, et qui, selon sa conviction inébranlable, fera triompher son bon droit et son innocence. Il sait que perdre un procès, c’est comme perdre une bataille mais pas la guerre. Sans sa personnalité et sa hauteur morale, il n’y aurait pas eu un tel émoi dans la société. Il a impressionné la presse in fine par son caractère et sa foi inébranlable dans la patrie des droits de l’homme et du citoyen. Et malgré sa condamnation injuste, sa dégradation infamante, sa relégation cruelle au bagne et un acquittement tardif, il s’engagera en 1914 au front jusqu’en 1918, prouvant, si c’était encore nécessaire, sa constance dans la fidélité à son serment d’officier et son indéfectible attachement à la France.

Sans un homme de cette trempe, il n’y aurait peut-être pas eu une telle résonnance dans la société et des défenseurs de sa cause aussi importants que Zola et Jaurès.

Le général de 1940 avait un modèle précurseur dans la personnalité du capitaine de 1894.

L’affaire Dreyfus a soulevé les passions et partagé la France en deux avec les antidreyfusards au tournant du siècle comme De Gaulle chef de la France libre contre le régime de Vichy au milieu du siècle.

La droiture de ce dernier en exil n’aurait-elle pas pu être inspirée du sens de l’honneur du premier relégué à l’île du Diable?

Si un Juif se voulait à ce point Français, était-ce pensable qu’un chrétien pourrait l’être moins ?

Si un Israélite fraîchement émancipé par la Révolution tenait tant à manifester sa reconnaissance à la République, un vieux fils de la Gaule ne devait-il pas montrer autant de zèle pour servir sa patrie ?

Dreyfus a été un exemple de résistance au sein d’une armée dévoyée et d’une société à la dérive. Obéir à ses supérieurs ne consistait pas dans son chef à  avouer un crime qu’il n’avait pas commis. Ce rebelle a donné une leçon, malgré lui, à celui qui s’insurgera contre la capitulation de son pays et qui, de manière aussi opiniâtre dans sa décision, organisera de son exil, la Résistance et le retour de la France sur le chemin de l’honneur.

Dreyfus est accusé faussement de trahison, qu’il aurait pactisé avec l’ennemi, quand de Gaulle sera  jugé de désertion quand il s’installe à Londres pour combattre aux côtés des Alliés contre l’Axe et ses collaborateurs.

Plus j’y pense, plus je deviens persuadé que Dreyfus a pu être un mentor de De Gaulle. 


haut Réagissez à cette contribution...

haut de WOLFRANCISE GLAZMAN - posté le 29 04 2015

Cher Adolphe
Bravo quelle idée géniale, nous ne pouvons que penser comme toi. Comment pouvons nous nous procurer ton livre ? Nous espérons que vous allez bien et vous embrassons affectueusement.
Wolfrancise

hautHaut de page

 

Mentions légales

©Le Billet des Auteurs de Théâtre 2011

Le collectif

Contact

Revue réalisée avec le concours du
Centre national du Livre