Alain Girodet est écrivain (auteur dramatique, poète et romancier)
J’ai coutume de dire que, « dans le civil », je suis enseignant de lettres en lycée. Et j’ai mis plusieurs années avant de trouver mon chemin, mon juste milieu, mon équilibre, entre la vie professionnelle et la passion personnelle. Des années avant de revendiquer mon titre d’artiste.
Je n’investis que peu de choses intimes dans l’enseignement, en fait je n’y investis que mon amour de la rencontre humaine et des contacts sociaux. Le reste, tout le reste, est mon écriture. Et aussi les diverses formes de pratiques artistiques que j’ai pu aborder au fil du temps : musique, chant, peinture, dessin, vidéo…
Je pratique l’écriture depuis bientôt quarante ans, dans à peu près tous les genres possibles, mais c’est « seulement » depuis une vingtaine d’années que je suis auteur dramatique.
Ma pratique dans le domaine du théâtre à d’ailleurs toujours été accompagnée par mon expérience de comédien, dans le milieu amateur en général et parfois professionnel.
J’ai trouvé dans l’art dramatique la forme d’écriture la plus conviviale, celle qui me permet de travailler avec les autres et en direction des autres. On m’interroge souvent sur l’éventuelle déception que je peux ressentir en assistant à la représentation d’un de mes textes, mais ce sentiment m’est totalement étranger : en effet, je considère que rien n’est plus agréable que de voir comment l’imaginaire d’un metteur en scène, celui des comédiens, viennent s’apposer au mien pour former le spectacle. Je n’éprouve jamais de déception, parfois des surprises, mais je considère que si tel ou tel aspect est décelable dans l’un de mes textes c’est que je le voulais d’une certaine façon. Ou que je l’ai laissé échapper. Le texte est une matière brute, il n’est en aucun cas le spectacle tout entier. Par conséquent, le metteur en scène doit pouvoir y puiser l’occasion d’exercer son art, en toute liberté.
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