Selon certaines légendes dorées de notre enfance, le cinquantième jour après Pâques, au cours d’une petite fête entre amis, une douzaine de joyeux lurons un peu pentés (prononcer pintés) eurent la divine surprise de se voir coiffer d’une petite langue de feu qui se révéla être une intarissable source d’inspiration (d’où l’appellation non contrôlée de pentékosta, du grec « cinquantième jour » qui deviendra Pentecôte). Parmi eux, Jean, Luc, Marc et Mathieu se révélèrent de grands auteurs à succès. Et comme la langue de feu était doublée d’une traduction simultanée automatique, ils firent un tabac dans le monde entier, jusque dans l’hémisphère sud (où l’événement pris le nom de « cinquantième hurlant », histoire de faire la nique au « quarantième rugissant ») depuis bientôt deux mille ans.
En ce temps là…. Deux mille ans plus tard, selon des informations autorisées, le 1er jour de février de l’an 2012, un collectif de quarante neuf joyeux auteurs et auteures*, dans une grande communion d’esprit, s’apprêtaient à fêter dignement le cinquantième numéro de BAT- le Billet des Auteurs de Théâtre (Hé oui !) quand un grand cri retentit dans la nuit… Tarzan ?... Non… Mais alors ?… Bon sang mais c’est bien sûr, le cinquantième !... Alors couronné de lumières et les bras chargés de crêpes (veille de la chandeleur oblige) Sylvain Levey fit son entrée et refermant vite la porte derrière lui (cinquante autres voulaient entrer à leur tour… Un peu de patience !...). Welcome Sylvain ! Et la fête put commencer… Une fête de théâtre où les mots font feu de tous bois pour regarder le monde droit dans les yeux quitte à lui botter les fesses, s’il ne tourne pas rond. On dit que depuis, la fête continue !…
D’ailleurs le 26 janvier, multipliant les rencontres, BAT était à l’université de Rouen, partenaire de l’ERIAC (Equipe de Recherche Interdisciplinaire sur les Aires Culturelles) pour le colloque « Mémoire(s) mise(s) en scène(s) ». Quelle peut être la contribution du théâtre à la constitution et/ou à la transmission d’une mémoire collective ?... De la Grèce ancienne à Shakespeare en passant par la fête de Pourrim, du théâtre d’Athol Fugard à celui d’Elfriede Jelinek, du « Verfügbar aux enfers » de Germaine Tillon aux cinéastes et auteurs de théâtre contemporains, universitaires, chercheurs, femmes et hommes de théâtre, tentèrent de répondre à la question. Nous aurons, bien sûr, l’occasion d’en reparler très prochainement dans de prochains papiers et au cours d’un film en préparation.
Pas de double langage chez BAT mais donner doublement la parole aux auteurs par le film et par l’écrit, oui. A 50 / 50 !
*Les 50 membres du collectif de BAT
Fabrice Agret, Philippe Alkemade, Jean-Luc Annaix, Michel Bellier, Bernard Bretonnière, Jean-Pierre Cannet, Gilles Costaz, Philippe Crubézy,Yves Cusset, Sedef Ecer, Jacques Descordes, Marc Fayet, Alain Foix, Benoît Fourchard, Cyril Gély, Alain Gras, Henri Gruvman, Régis Ivanov, Jonathan Kerr, Corinne Klomp, Koffi Kwahulé, Jean-René Lemoine, Alberto Lombardo, Roger Lombardot, Sabine Mallet, Laurent Maurel, Yves Nilly, Adolphe Nysenholc, Eric Pessan, Loïc Pichon, Sabryna Pierre, Christophe Piret, Hadrien Raccah, Luise Rist, Eric Rouquette, Miguel-Angel Sévilla, Nicole Sigal, Françoise Sliwska, Vincenzo Sorrentino, Sabine Tamisier, Cécile Thiercelin, Jean-Pierre Thiercelin, Françoise Thyrion, Camille de Toledo, Christophe Tostain, Philippe Touzet, Catherine Tullat, Matéi Visniec, Rémi De Vos…