Vendredi 24 février 2012 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 50 Partager

image
Nos partenaires

33000 mots...

image

hautEn savoir plus
...

L'éditorial

Putain 4 ans !

:::: Par la rédaction | paru le 01/01/2012

logoBatOri150.jpg

BAT a 4 ans ! Quatre ans de vie et d’amitié. Quatre ans de fureur, de fous rires, de stress, de bonheur, d’engueulades, de doutes, quatre ans de tournages, de contributions écrites, de réunions, de projets, quatre ans à bout de bras, bout de ficelles, quatre ans de militantisme,  sur le pont tous les jours, par passion, conviction et amour du théâtre, du texte de théâtre contemporain. Et trois mois d’une nouvelle formule de BAT qui démarre très fort, grâce à l’arrivée d’auteurs qui nous ont rejoints dans cette aventure à la limite du raisonnable… Mais comme on dit, plus on est de fous plus on écrit ! Pour ce premier mois de l’année 2012, nous vous proposons notre premier édito collectif qui, vous le verrez, est décapant, surprenant, terriblement BAT !

Bonne année 2012 à vous tous !
Philippe Alkemade, Jean-Pierre Thiercelin, Philippe Touzet

 

Le 21 décembre 2012, tout sera terminé, plus d'euros, plus de Sarkozy, plus rien du tout d'ailleurs, c'est prédit, alors, puisqu'il nous reste à peine un an avant ce cataclysme dévastateur, je propose qu'on se sorte tous les pieds de la bouse et qu'on se jette dans une splendide partouze! oui là, maintenant, ou bien tout à l'heure, enfin, avant ce vendredi fatidique, tombons nos blouses et nos culottes de peaux, plus de drapeaux, réalisons enfin ce "si tous les gars (et les filles aussi) du monde" en nous prenant tous par la main(je m'imagine bien entre Anne et Dominique ce couple si médiatique) et après une ronde magique et macabre aimons-nous, mes frères et soeurs, follement, avant qu'il n'y ait plus ni pain, et c'est atroce pour le breton que je suis, ni beurre ! Bonne année.
Jonathan Kerr

 

À saisir
la chance d’une vie, la surprise du réveil, le recommencement dans l’ovale du raisin, le cylindre de blé derrière la moissonneuse, le déjeuner des enfants, le subtil de la sève, la femme qui court après le bus, l’hypothèse du nuage, le reflet de la silhouette et l’ombre de la cascade
À saisir
la main de la femme sur la nappe, le bonheur promis...
Philippe Crubézy

 

Chers lecteurs de BAT
En fait je voulais vous présenter mes vœux de bonne année Je sais plus si c’est la saison dans ma déréliction
Et puis Joyeuse année toute la vie c’est ce que je dis A la nôtre Un peu de Quiravi grand cru Franprix ça réchauffe le kiki
Cette année je voudrais bien qu’on ne m’oblige pas à avoir un an de plus comme l’année dernière Ça tombe toujours sur moi en plein été sur la plage Je suis obligée de revenir ça fait des histoires Par contre j’aimerais bien que l’amour me tombe dessus quitte à être chaos Cette année je voudrais avoir un destin comme Simone de Beauvoir ou sœur Emmanuelle (Churchill je ne sais pas si j’y arriverais) Je commencerai par Simone Après je verrai Je voudrais bien que ma voisine arrête de franchir son paillasson comme un hérisson traversant la nationale sous les roues d’un quinze tonnes dès que je vais au vide-ordures J’ai pris la résolution de ne plus me faire de rides ça donne des soucis De rire de rien et sans raisons pour être sûre
En fait j’ai décidé d’être nouvelle ou bien neuve c’est plus avantageux et je vous le souhaite Mais c’est pas toujours facile de se libérer avec la vie qui nous mène Je suis résolue à faire un choix je ne sais pas encore lequel mais j’ai le temps vu que sœur Emmanuelle est morte centenaire J’ai pris la résolution de parler à tout bout de champ de n’importe quoi pour être moins timide Ah oui je vais aussi prendre des droits cette année Je ne sais pas encore combien cinq ou six selon ce qu’il reste après les fêtes D’autres se sont déjà bien servis faut que je me dépêche avec tous ces jours qui n’en finissent pas de s’écouler comme un camembert trop fait Et pour la santé je sais pas quoi vous dire vu que c’est la Faculté qui s’en charge Y veulent nous pousser jusqu’à 120 voire 130 en période favorable mais je préfèrerais être incinérée plutôt que perfusée c’est plus pratique Et l’amour j’espère aussi qu’il vous tombera dessus comme un pot de fleur emporté par les autans J’irais pas jusqu’à dire comme une tuile on ne se connaît pas assez Je préfère rester au pied du mur de votre opacité
Y aurait fallu que je parle de fric et que je vous le souhaite mais malheureusement j’en ai pas
Ce sont mes vœux officiels  J’en ai pleins d’autres plus intimes Je vous le dis parce que vous êtes BAT Pour mes 105 ans j’aimerais bien que mon amoureux m’offre un calendrier perpétuel  Ça dure plus longtemps qu’une rose et ça fane pas Je sais pas si je dois vous le dire mais j’aimerais aussi qu’on m’arrose le plus longtemps possible Je ne veux pas ressembler à une plante qu’on arrose plus C’est tragique même les pucerons n’en veulent plus A Okinawa les centenaires on les habille en rouge et on les touche pour recevoir leur pouvoir et leur savoir A la maison de retraite de mon village on leur met des couches s’ils sont trop bavards Incontinence verbale Allez draguer avec ça c’est pratique
Enfin bref Cette année faudrait pas la démarrer en 2012 on serait plus sûr Bien à vous
Nicole Sigal

 

"Notre imagination comme autant de flèches qu'on décoche quand il fait moche, notre foi en notre art comme une plante résistante, nos peurs vaincues par la puissance de nos cœurs, plus que jamais nous allons devoir nous ouvrir, transmettre, secourir, aimer, déferler telle une vague grondante sur notre monde perverti, régi par l'ego, les lois du profit, du pouvoir et de la destruction. Puissante année 2012. Vive le collectif ! "
Alberto Lombardo

 

Vive BAT, semper vivat !
Adolphe Nysenholc

 

B comme BAT
A
comme Auteur
T
comme Tisseur
BAT
isseurs de mots, BATisseurs de rêves, BATisseurs de révolution, BATisseurs d’indignés.
BATissons ensemble. BATisseurs vivants. BATisseurs contemporains.
Bonne Année à Tous.
Catherine Tullat

 

Tu as de la chance d’être la copine du Père Noël,
m’a dit un de nos petits enfants.
Evidemment, je ne lui ai pas dit la vérité.
On ment toujours aux enfants. Ils le savent.
Et c’est pour cela qu’ils ont hâte d’être grands,
pour mentir impunément.
En réalité, vous le savez aussi bien que moi,
Je ne suis pas la copine du Père Noël, puisque je suis le Père Noël.
Ou plus précisément, je suis son envers : je suis le Père Léon.
Et quand le Père Léon se met à l’endroit, il devient le Père Noël.
Le  Père Léon est tout ce que le Père Noël cache aux autres, son secret, son âme, son cœur, son compte en banque.
Grâce au Père Léon, le Père Noël n’est pas raciste, avare, méfiant, peureux et triste
Grâce au Père Léon, le Père Noël est bon, généreux, partageur, lumineux et rigolo.
Grâce au Père Léon, nous sommes tous une fois dans l’année, le Père Noël de quelqu’un.
Une fois Noël passé, le Père Léon remet le Père Noël à l’envers et tout le monde va se coucher.
On peut alors tranquillement retrouver son humanité.
À partir du Premier Janvier.
Redevenir cruel, barbare, avare, envieux, méchant, pas drôle.
On est nettement moins heureux, c’est tout ce qu’on gagne, quand on donne trop de somnifères au Père Léon !
Prolongeons la semaine des confiseurs pendants trois cent cinquante huit jours, c’est ce que j’ai demandé au Père Noël.
Il ne m’a pas encore répondu…
Peut-être l’année prochaine ?
Françoise Thyrion

 

Des subventions en chute libre, ça va pas. Des prothèses mammaires au tribunal, ça va pas. Un ministre de la Culture super bon dans les nécros, ça va pas. Les plagieurs maintenus en place pour avoir plagié, ça va pas. De plus en plus de pauvres qui regardent passer de plus en plus de riches, ça va pas. Poutine qui reste de glace alors que ça chauffe à Moscou, ça va pas. Le pipeau de la presse people, ça va pas. La langue des encriers sciant toujours la langue de bois, ça va.
Gilles Costaz

 

À mes amis du BAT et aux autres,
Pour 2012 je souhaite que le verbe retrouve son sens, gorgé de tout son suc. Belle année de  poésie et d'indignation fraternelle, étonnons-nous !
Jean-Pierre Cannet

 

Je voulais pas crever avant de passer de l’état de lectrice à celui de collaboratrice de BAT. La nouvelle année qui s’amorce m’en donne l’occasion. Faudrait pas crever avant d'avoir l'occasion de faire rimer 2012 avec le chant du pipit farlouse. Que cette année soit l’occasion d’apprendre, toujours et encore, des autres et de soi-même. Et comme je voudrais pas qu'on crève d’un manque d’inspiration, j’en souhaite des tonnes à qui voudra, en espérant qu'un peu de poussière d’étoiles nous retombe sur les épaules et nous aide à créer, encore et toujours. "Tant de choses à voir, à voir et à z'entendre" (et à écrire).
Sabine Mallet

 

Ferdinand n’est plus.
Il ne sera plus invité comme au temps de sa dissidence chez ses amis de toujours, pour leur “petit vernissage à eux”. Véra ne lui proposera plus d’écouter tous les bons 33 tours que Michael a ramené de Suisse. Et Michael ne lui demandera plus s’il doit faire une flambée dans la cheminée. Il n’entendra jamais Petit Pierre poser de vive voix cette question inouïe : “Dis-donc, Daddy, une grenouille, ça peut se noyer ?” Et on ne saura pas si, oui ou non, Vera et Michael l’ont convaincu de les accompagner au sauna, de toute façon, ça lui prendrait infiniment moins de temps que tous ces conciliabules qu’il tient avec ses complices à la gomme, de bistrot en bistrot…
Ferdinand Vanek ne boira plus de bière avec Sladek, à la brasserie, il ne lui dira plus non, et Sladek restera effondré pour toujours, la tête sur son bureau, ronflant comme un porc. Il rêvera encore de Ferdinand lui disant : “Ne soyez pas triste” avant de partir, puis il se réveillera en l’entendant à nouveau frapper à sa porte, car Ferdinand revient toujours :

Comment ça va alors ?

C’est la merde.

Vaclav Havel est mort.
Eric Rouquette

 

Faudrait que je trouve une rime avec douze…Ça ferait le gars qui a réfléchi à la question, qui s’est creusé la tête… Qui prend pas ça à la légère… Partouze ? Oui, bon…Je peux pas souhaiter une bonne année de partouzes, c’est pas possible, tu vas me dire ça aurait de la gueule…Douze ? Alors là, c’est nul, douze qui rime avec douze… Bravo l’auteur, bon pour l’Académie française…Soixante-douze ? Sans commentaire. Blues ? C’est pas mal mais ça va pas…Je vous souhaite une bonne année de blues… Avec plein de Lexomil, Tranxène, Valium et compagnie…Flouze ? Ça, c’est bien, je tiens quelque chose, mes meilleurs vœux pour une année 2012 avec du flouze ! C’est good, très good ! Quoique… Je vais avoir l’air fin si tous mes potes ont plein de pognon en 2012 et pas moi…Toulouse ? Saucisses de Toulouse ! Ça y est ! Je l’ai ! Ça fait terroir sans faire fonds de tiroirs. C’est rustique et esthétique. Ça réconcilie les gens et les genres. Ça rapproche la ville de la campagne et la campagne de la montagne… Et puis dans saucisse, il y a six, deux fois une saucisse, ça fait deux sots douze, faut que je réfléchisse à tout ça, j’ai l’impression que je tiens un truc à la Da Vinci Code !

En attendant, je vous souhaite une belle et bonne saucisse de Toulouse en 2012 !
Philippe Touzet

 

Que 2012 soit pour nous, auteurs vivants du théâtre, une année d’occupation des planches et de salles combles. Et si le public hélas se faisait rare, souvenons-nous du jour où le directeur du Lucernaire expliqua à Ionesco que sa dernière pièce était un four. « Eugène, nous avons un problème. Mardi soir il y avait quatre personnes dans la salle, mercredi et jeudi aussi, et vendredi… trois. » Et Ionesco de répondre : « Oui je sais, vendredi ma femme était malade. »
Corinne Klomp

 

hautHaut de page

Mentions légales

©Le Billet des Auteurs de Théâtre 2011

Le collectif

Contact

Revue réalisée avec le concours du
Centre national du Livre