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Adieu, Cora !

:::: Par Gilles Costaz | paru le 01/10/2011

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La chanteuse Cora Vaucaire est morte le 17 septembre. Celle qu’on a appelé « la dame blanche de Saint-Germain-des-prés » était l’un des grandes figures de la chanson Rive gauche, moins mythique que Juliette Greco, moins créatrice d’un style que Catherine Sauvage, mais une immense interprète. Rien qu’avec Les Feuilles mortes de Prévert et Kosma et Trois petites notes de musique d’Henri Colpi, elle est partie pour une certaine éternité. Je l’ai connue en écrivant un court volume sur elle, dans la collection Chanson chez Seghers. Elle n’avait pas voulu qu’y figure son âge. Et, en effet, elle a défié le temps, puisqu’elle s’est éteinte à 93 ans. La presse, dans son ensemble, a très bien salué son histoire et sa mémoire. Mais les chroniqueurs jeunes ont eu, parfois, du mal, à attraper cette étoile lointaine. Tel le journaliste de Libération, qui signe avec l’abréviation E. Lo. Et qui écrit : « Difficile, à cette distance historique, de définir ce qui singularisa Cora Vaucaire dans les années 50 et 60…. Quelques images glanées sur le Web nous permettent de comprendre son art : au lieu d’entrer effrontément dans le texte, de l’exprimer, de le prendre en main, de le porter du bout des yeux, Cora Vaucaire semble se laisser traverser par les paroles, regardant au loin. Le sens, hésite, vient et repart, quelque chose  se cherche du bout de l’âme, le rythme claudique. Pas d’incandescence mais une longue et précieuse extinction. »

On n’en voudra pas à ce journaliste, dont l’écriture est inspirée. Sauf que Cora Vaucaire, c’était tout, sauf ça ! Avec une exquise sensibilité pénétrant un art classique, elle détaillait les mots et les syllabes, et rien ne claudiquait dans cette langueur où le vocabulaire, les notes et les émotions étaient pointés comme des flèches. Mais le monde et la recherche ont tellement changé que les artistes d’à présent ne seront plus, dans l’avenir, que les fantômes flous de YouTube.


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