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Revue mensuelle des écritures théâtrales

Samedi 22 septembre 2018

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Éditorial

L'éditorial du mois

Décembre 2009

L’œil était dans la grotte

par Gilles Costaz

Un temps professeur dans la ville de Tournon, Stéphane Mallarmé, qui n’était pourtant un abonné de l’almanach Vermot, disait : « Je vis dans l’art et la dèche ». Tous les auteurs invités en octobre à l’opération « Territoire et imaginaire » par Roger Lombardot et les puissances invitantes de l’Ardèche ont eu plus de chance que Mallarmé : ils ont vécu au cœur de l’art et de la générosité. L’art, c’était celui d’il y a 33 000 ans, autour duquel l’enjeu était d’écrire à trente-trois 33 000 mots. La générosité, c’était celle de Lombardot, des siens (sa femme Cécile), de son équipe (l’ami Jean), de tous les responsables impliqués. Qu’ils en soient remerciés et que nos textes, faibles ou inspirés, saluent sur tous les tons le génie et l’émotion des peintures de la grotte Chauvet.
L’œil était dans la grotte et regardait la main. La main géniale d’un artiste à l’auriculaire cassé et de ses acolytes, car le peintre originel n’a sans doué pas tracé seul et en une même époque ces fresques d’animaux où la perspective s’invente plus de trente millénaires avant la Renaissance italienne. Qu’en ont à faire des auteurs de théâtre ? D’abord recevoir un choc qui les bouleverse et les fait entrer en connivence admirative avec ces inventeurs d’un autre langage. La grotte (fermée d’ailleurs, puisqu’on ne pénètre pas dans le palais préhistorique gardé par le ministère de la Culture comme l’OTAN verrouille ses bases), comme le monde, est un théâtre. Ce théâtre fabuleux n’est pas à Paris, ce qui enchante les EAT dont les frontières ne sont nullement parisiennes. Et ce tréteau s’est dressé très tôt, en Ardèche, dans l’éternelle lutte de l’art contre la dèche de l’esprit.

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©Le Billet des Auteurs de Théâtre 2009
La rédaction