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Chroniques africaines
Épisode 14

Snif !

par Eric Rouquette


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- Le Billet des Auteurs de Théâtre -
Revue mensuelle des écritures théâtrales

Vendredi 30 juillet 2010

Anciens numéros

Au fil de la plume

Boris Gibé

Chaque mois, un auteur nous dévoile
quelques pages manuscrites au fil de sa plume...

Boris Gibé

Boris Gibé est acteur de cirque - danseur

 

Écrire le mouvement…

Piéger mes idées volantes sur la surface lisse d’une page blanche, c’est quelque chose qui ne m’est pas venu naturellement… J’avais bien plus besoin d’un aller retour entre l’intuition première et un passage par l’expérience physique. Car, du jaillissement de ma pensée et sa réalisation, poser du vivant sur du papier m’était étranger. Peur de se perdre dans le cérébral ?
Depuis peu, le goût du papier m’est venu… Mon carnet de note toujours en poche, rassemblant bonnes et mauvaises idées capturées sur le vif, pose cette jeunesse inventive et dispersée pour se recentrer sur l’essence de son fruit. Serait-ce gagner en sagesse ?
Les trois bribes de vie évoquées ici, traversent chacune une création jouée en circulaire ; c’est un autre mode d’écriture, un autre mode de lecture…
Le Phare créé sous chapiteau en juin 2006, a reçu la bourse Beaumarchais « Auteur de Cirque ».
Bull créé en mai 2008, actuellement en tournée, se joue en intérieur comme en extérieur.
Frictions, futur projet actuellement en écriture préalable, se jouera sous un chapiteau – pigeonnier…

Boris Gibé

 

Le Phare

Deux gardiens mènent une vie de solitude et de contemplation du temps… Coincés tous deux dans un phare qui ne sert visiblement plus beaucoup, percé de toutes parts, où l’eau ruisselle en permanence et où le sol n’est plus qu’une constellation de boites de conserve vides qui se remplissent, goutte à goutte. L’un, Ferdinand, se prend de fascination troublée pour les fuites du plafond. L’autre, René, personnage bourru et implosif, ne pourra malgré l’admiration qu’il porte pour son compagnon, se contenir dans sa brutalité. Ce crime passionnel n’est qu’un crime initiatique. Tout bascule, les boucles se répètent, les identités se mélangent, l’histoire se déconstruit, et se joue de la suite narrative qui vient de nous être donnée.
Les apparitions aériennes se succèdent. Ces gardiens sont-ils vraiment deux, ou ne serait-ce qu’une seule personne retrouvant enfin l’être qu’il n’aura jamais réussit à rejoindre vraiment.

 


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Bull

Sous une demie sphère transparente ayant fonction d’un appartement témoin, Bull interroge avec humour le modernisme de notre espace de vie ainsi que la prise de conscience que nous pouvons avoir en tant que consommateur face à l’avancée technologique des nouveaux objets communicants.
J’ai souhaité questionner comment cela change nos habitudes, notre relation à l’autre, notre état face à cette nouvelle forme de solitude, notre rapport au temps et à l’espace. Où est le présent quand cet engrenage exige de nous d’être partout à la fois ? Où est la proximité ? En ré-enchantant notre ordinaire, ces outils technologiques bougent non seulement ces frontières, mais vont jusqu’à s'ancrer dans notre intimité, devenant de plus en plus un vecteur existentiel ou trait d'identification. Par la danse acrobatique et le théâtre d’objets, un spectateur, sélectionné comme cobaye pour vivre une expérience unique, est invité à évoluer dans cet environnement interactif.

 

Frictions

Tout semble indiquer que Frictions se déroule après … Y a-t il eu une guerre numérique ? ou plus simplement, la sophistication croissante et omniprésente des outils numériques a-t-elle finalement donné lieu au grand « bug » attendu par certains à l’orée du millénaire ? Toujours est-il que les outils communicants, venus en lieu et place des ordinateurs des années 2000 créer de nouveaux espaces, à base de robotique où le déplacement physique n’était plus nécessaire … Tout cela n’existe plus. Cinq personnages sont là. Ils semblent déjà se connaître. Ou peut-être est-ce seulement les épreuves endurées conjointement qui les ont rapprochés … Au début, des écrans vidéos diffusent en boucle des séquences les concernant, comme s’ils avaient été suivis dans le passé par des caméras de vidéosurveillance des plus attentives. Il semble bien que la galère dure pour chacun d’eux depuis un bon moment et que le pigeonnier ait valeur de « havre de paix ». La question centrale tourne pour ces personnages autour du besoin d’y reconstruire un espace de communication, de vie. Le mot y aura-t-il sa place ? Ou est-ce plutôt un langage purement gestuel qu’il faudra réinventer ?

 


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