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par Catherine Tullat

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Revue mensuelle des écritures théâtrales

Mercredi 26 juillet 2017

Anciens numéros

Au fil de la plume

Anna Nozière

Chaque mois, un auteur nous dévoile
quelques pages manuscrites au fil de sa plume...

Anna Nozière

Anna Nozière est auteur dramatique

Éditions Les Solitaires Intempestifs

Les Fidèles, Histoire d’Annie Rozier,
d'Anna Nozière

Annie Rozier vient de naître. On la baptise. On lui offre des casseroles et toutes sortes de gamelles, le portrait d'un aïeul atteint de la gangrène, sa jambe de bois, et Petit Jacques, enfant momifié, mort à la naissance et que l'on se passe d'une génération à l’autre. Annie découvre sa famille: des personnages « fidèles » à eux-mêmes, à leurs croyances, à l’histoire et aux injonctions familiales, qui se refourguent des fantômes et se cherchent des poux jusqu'à la mort entre deux prières pour conjurer le destin. Annie trouve les moyens de sa survie dans des fantasmes et d’étranges rêves.

ISBN : 978-2-84681-270-2
80 pages
11,00 €

J’écris sans plan, très vite, de manière intuitive, un peu comme on s’engage dans ce qu’on appelle “l’écriture automatique”, en partant d’un point de départ assez vague, qui est un prétexte pour rentrer dans l’énergie de l’écriture et ouvrir les possibles. Je noircis de grandes feuilles que j’affiche ensuite au mur, comme pour prendre du recul sur ce que j’écris sans recul. Une fois que le mur est recouvert, je me demande de quelle œuvre je suis en train d’accoucher et comment la structurer. Là commence un autre travail, plus lent, plus long, où le rythme de ma propre langue devient mon principal guide. Je viens du monde de la musique, j’ai une absolue confiance dans le rapport entre le rythme et le sens. J’ai suis assez manuelle, aussi, j’aime le rapport charnel au papier, aux couleurs, je découpe les feuilles sur lesquelles j’écris, je scotche ensemble des morceaux; le texte se construit de façon assez artisanale, un peu comme une œuvre plastique. La dernière phase, celle qui m’amène à m’assoir devant un ordinateur pour rendre lisible par d’autres que moi ce que j’ai écrit, est très tardive. Jusque là, c’est comme si mon illisibilité m’avait protégée du dehors et que j’avais besoin de cela. D’être un peu seule.

 

Les Fidèles

J’ai écrit Les Fidèles en résidence dans une abbaye, non pour la dimension religieuse du lieu, mais parce que la vie monastique est un choix radical qui tisse un lien très intime avec le silence et avec le temps. Les jours et les nuits de silence n’en finissaient pas de durer. On est seul avec soi, ce peut être vertigineux mais cela ouvre un espace de travail unique. Je me souviens de la nuit où j’ai écrit ce brouillon. J’étais fatiguée, j’avais allumé une bougie comme pour me donner du courage.

 


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Les Fidèles

Toujours Les Fidèles. Quand je n’arrive plus à écrire, je fais des dessins, des schémas euristiques. Ce travail m’a amené à la scène de la séparation entre Annie Rozier et sa grand-mère, qui est l’une des scènes majeures du spectacle (ou du livre, mais le metteure en scène que je suis prends toujours le pas sur l’auteur).

 

La Petite (titre provisoire)

C’est la pièce que j’écris actuellement, dont le titre provisoire est La Petite. Je ne sais pas encore quelle scène ce sera, ni même si ce sera une scène. En écrivant je pense toujours à ce que dit Michel Butor dans Répertoire V: “Premièrement, nous ne savons pas d’où vient le texte. Deuxièmement, le texte vient de ce qu’il sera. Troisièmement, le texte vient de ce qu’il devient, de ce qu’il commence à être.”

 


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